lundi 27 septembre 2010

Samedi 25 septembre 2010

Nous voici à la moitié du séjour ! Aujourd'hui nous avons droit à une journée de repos...

La famille de Julien nous a organisé une sortie en quad pour grimper au plus haut des montagnes.

Nicolas et moi passons tout d'abord prendre un petit déjeuner avec Glenn et Mary, nos hôtes de la semaine. Je vous précise qu'initialement, Nicolas devait séjourner chez la Présidente du principal club de Durango où il a effectivement passé une nuit. Il fut très bien accueilli bien-sûr. Cela dit, l'époux de la Présidente est chirurgien cardiologue et a un emploi du temps très chargé comme nous pouvons l'imaginer et le couple a un bébé de 9 mois. Aussi ne pouvaient-ils être présents pour ramener Nicolas chez eux après la première journée de visite. Glenn et Marie, mes hôtes, décidèrent alors fort gentiment de le rapatrier chez eux pour le reste du séjour. Je veille personnellement à ce que mes "ouailles" (non pas mes zouaves !) soient hébergés dans les meilleures conditions. En effet, l'hébergement ne se limite pas à fournir une chambre. La famille d'accueil doit être disponible afin que nous puissions avoir la qualité d'échanges requise par le programme et pouvoir ainsi avoir l'opportunité d'une part de découvrir la culture américaine, d'autre part de faire découvrir la notre. Cette expérience m'éclaire sur l'organisation à mettre en place lorsque nous recevrons l'an prochain le groupe du Colorado dans notre District rotarien.  Petite information pour les non rotariens qui sont nombreux à nous lire : Notre District s'étend du Nord de l'Alsace jusqu'en Franche-Comté. Il comprend 59 clubs soit plus de 2000 rotariens.

Revenons à notre petit-déjeuner : Nous nous rendons dans une boulangerie étonnante. L'atelier de fabrication y est visible du comptoir, les pains proposés sont tous plus appétissants les uns que les autres et il en va de même pour toutes les viennoiseries et pâtisseries exposées. Le choix est cornélien ! Nous passons tout de même cette délicate épreuve et nous installons tranquillement à une table où nous partageons nos trésors avec grand renfort de hummm et de miammmm.

Notre extase gustative fut brutalement interrompue par l'arrivée intempestive d'un gaillard armé d'une baguette qu'il abattit sur notre table sans crier gare. Nicolas et moi levons les yeux, bouches ouvertes vers l'intrus. Ce dernier, debout à côté de nous et nous fustigeant du regard, demande : "Where are you from ?". Nous n'en menons pas large et répondons d'une petite voix "We're french". Ce lieu est-il interdit aux français ? Nous ne savons quoi penser et attendons la prochaine salve... L'inconnu poursuit par une flopée de questions : De quelle ville en France venez-vous ? Vous êtes là pour combien de temps ? A quel hôtel résidez-vous ? Quel est le numéro de votre chambre ?... Oh mon Dieu, peut-être avons-nous affaire au service d'immigration !!

Que nenni ! Nous sommes en réalité en présence du patron de la boulangerie qui, intrigué par notre présence (nous sommes apparemment repérables à 100 lieux à la ronde), cherche à faire connaissance à sa façon. La baguette de pain, excellente du reste, est un cadeau qui ne tarde pas à être suivi de petits pains salés et sucrés, de céréales que Nicolas goûte les yeux écarquillés et d'un pain aux noix tranché... Nous sortons de cette fameuse boulangerie, non pas les menottes aux poignets comme nous l'avions tout d'abord supposé mais chargés de présents avec les compliments du Chef ! Bienvenue au Far West !

A peine remis de nos émotions, nous arrivons chez Eddy et Nancy, les hôtes de Julien. Les quads sont alignés dans l'allée qui mène à leur splendide et imposante maison en rondins nichée dans un écrin de forêt. Nous avons déjà compris depuis le premier jour qu'aux USA, l'heure c'est l'heure et après l'heure c'est plus l'heure. Chacun s'affaire, Nancy nous tend sweat-shirts chauds, gants et bonnets que nous enfilons sans discuter. Les matinées sont fraîches et nous allons monter en altitude. Les équipes se répartissent sur les engins et avant même de bien comprendre ce qui nous arrive, nous partons vers les sommets.

Julien est pour l'instant au volant d'un quad individuel, Nicolas est embarqué dans un buggy 2 places et je suis à l'arrière d'un quad conduit par une drôle de dame blonde en mini short et santiags... J'ai encore du mal à réaliser ce qui nous arrive ! Les garçons, quant à eux, sourient aux anges.

Peut-être que vous vous demandez où se trouve Marie. Et bien apprenez que la demoiselle en question s'envoie en l'air... Mille pardons pour cette grivoiserie. Plus sérieusement, notre Bubble Girl (surnom que je lui ai donné signifiant "fille pétillante") a été invitée pour une virée en avion privé par ses hôtes et un couple d'amis. Elle est partie survoler une partie du Colorado jusqu'aux environs de Monument Valley en Arizona... Encore une aventure aussi inouïe qu'inoubliable !

Quant à nous, nous nous enfonçons dans la forêt grimpant et grimpant encore vers les sommets. C'est la saison des "couleurs" et les arbres se sont parés de jaunes, d'orangés et d'ocres comme pour mieux nous séduire et c'est gagné car nous succombons devant tant de beauté déployée. Quelques lacs d'un bleu azur viennent nous faire de l'oeil et le soleil redouble de rayons nimbant ce décor fabuleux d'une luminosité sans pareille...

Et enfin, au détour d'un lacet, s'annonce une clairière. Nous sommes à 3500 mètres d'altitude ! Chacun saute de sa machine et se saisit de son sac à dos pour une randonnée vers un lac au terme de laquelle un pique nique sur herbe est prévu. Prudente et consciente de mes limites, je préviens la cantonade que je reste sur place avec un bon bouquin. Lorsque je me retrouve seule quelques minutes plus tard, je réalise que la montagne héberge des ours et qu'on ne peut exclure l'éventualité d'une visite de l'un d'entre eux. Je décide de faire une fouille méthodiques des sacoches des véhicules afin d'organiser mon éventuelle survie. Je ne trouve qu'un couteau de chasse et un bâton de marche que je place près de moi, prête à vendre chèrement ma peau... aux ours !

2 heures plus tard, mes amis reviennent. Ouf ! les ours avaient certainement d'autres engagements et ne sont pas venus en découdre. J'avais prévu de faire une sieste sympathique mais j'ai dû monter la garde pendant tout ce temps ! Ah vous pouvez rigoler ! J'aurai bien voulu vous y voir !

Et nous redescendons la montagne nous en donnant à coeur joie dans les mares de boue que nous traversons sans ralentir. Inutile de vous décrire notre état à l'arrivée. En ce qui me concerne, mon masque de boue a fait office d'écran total et m'a évité un bon coup de soleil, ce qui ne fut pas le cas de Nicolas qui termina la virée rouge comme une écrevisse. Julien, quant à lui s'en est tiré avec un nez légèrement rosé.

Nancy me prête sa salle de bain pour une douche, un shampoing et un brushing qui me redonne figure humaine et nous partons vers le fameux Strater Hôtel décrit précédemment.

Nous rejoignons Marie qui nous montre quelques photos vues du ciel et partons à la recherche d'un bistrot pour dépenser nos "Durango Dollars". En effet, nos amis rotariens nous ont remis 30 $ chacun sous la forme de chèques à dépenser dans la journée et uniquement dans cette ville. Cette monnaie locale est destinée à stimuler l'économie de la citée.

C'est autour d'un délicieux hamburger (bah oui, un de plus...) que nous nous racontons nos aventures de la journée.... et quelle journée !!

Christine