mercredi 13 octobre 2010

Epilogue

Aujourd'hui, 12 octobre, c'est le jour de mon anniversaire. Mon compteur affiche 45...
Les appels, sms, mails et messages sur facebook se succèdent pour mon plus grand plaisir lorsque soudain... arrive un mail de Julien intitulé "Réclamation GSE" ! (GSE = Group Study Exchange).

Mon coeur rate un battement. Que se passe t-il ? Julien semblait aux anges pendant tout le séjour. M'aurait-il caché quelque chose ? Moi qui suit toujours tellement attentive, aurais-je loupé un problème ?

Chers lecteurs, je vous livre sans plus attendre le contenu de cet écrit :

"Christine,

je n'ai pas eu à faire la moindre remarque jusque là mais depuis dimanche (NDLR : jour du retour) je suis mal à l'aise avec ce GSE.

En effet, suite à ce long transfert vers le nouveau club, je n'ai pas eu la possibilité de me reposer comme je le voulais. Arrivé dimanche soir chez mes nouveaux hôtes, ils m'ont proposé un lit avec un matelas qui ne dépasse pas les 15cm d'épaisseur et sans ce fameux (et douillet) sur-matelas, de plus il n'y avait que 2 oreillers-coussins sur ce lit. La nuit n'a donc pas été très confortable.
Réveillé tôt, il n'y avait personne dans l'appart, frigo presque vide, aucun petit déj' de préparé, même pas de quoi faire 1 omelette...

Après ce breakfast à l'eau, je suis descendu attendre le coordinateur au pied de l'immeuble, j'ai poireauté plus de 15minutes et au final personne n'est venu me chercher... et impossible de téléphoner, le réseau AT&T n'est pas disponible dans ce coin perdu du district. Je suis donc remonté dans l'appart où j'ai trouvé 1 jeu de clés de voiture... ouf, je trouve la voiture en question... minuscule mais relativement confortable... contact... et là nouveau problème, c'est une boite manuelle... après quelques craquages de vitesses et d'embrayage j'ai enfin réussi à prendre la route. Bonjour la circulation, les routes sont super étroites, personne ne me laisse passer, ils klaxonnent tous, la galère !!!
J'arrive je ne sais pas comment au point de rendez-vous, je sonne à l'entrée de cette visite professionnelle, on me dit d'entrer, que je suis attendu et que les autres membres de l'équipe ne seront pas là ! aïe ! on me montre une pièce de l'entreprise avec un bureau, un PC et une pile de dossiers et on me fait bosser : j'hallucine !!! ça a duré 3 heures, t'imagine... ??? On me dit enfin que je peux aller manger mais je me retrouve encore seul, livré à moi même. Je trouve un resto pas loin, commande 1 charolais burger avec des liberty fries (+ 1 verre de vin).... hop, c'est mangé en 10 minutes, je m'en vais et là le serveur me rattrape par le col du slip et me demande de payer !!! quoi ??? je rêve !!! et puis quoi encore !!! je lui explique 30 fois que je suis là pour un échange, que c'est le club rotarien local qui gère bla bla bla et il ne veut rien entendre !!! obligé de sortir le porte monnaie et de régler la note !!! super l'organisation ! (j'ai gardé la facture et je la donnerai au président du club).

Sortie du resto, toujours personne pour me promener... je retourne donc dans la boite du matin pour qu'on me prête 1 téléphone, et là, rebelotte ! je me retrouve derrière le bureau avec encore plus de dossiers et on me fait bosser ! c'est normal ??? Quelques heures plus tard, je sors, toujours personne alors je reprends la voiture, évidemment plus d'essence, je vais faire le plein et je sors encore mon portemonnaie ... ça commence à bien faire ... retour à l'appartement, personne, frigo toujours vide alors je vais faire qq courses et là re bla bla bla, ils ne veulent pas que je parte sans payer...
Je me fais donc rapidement une soupe et je file au lit en espérant avoir mieux le lendemain.

Et là, réveil matin 7h, je me lève comme une fleur mais pareil, rien de prêt pour le breakfast, le transport, les visites... c'est quoi ce nouveau club ? j'espère que ça ne va pas durer !

Tu pourras donc comprendre que je suis très déçu par ces 2 derniers jours, en tant que Team Leader Follower Sleeper Burger je te laisse transmettre mon mécontentement à Jack et les concernés pour règler ce problème.

Merci d'avance !

Sinon : JOYEUX ANNIVERSAIRE 

Bisous

Julien SIMON"


Voyez dans quel état se trouve le pauvre Julien, totalement perturbé depuis son retour. je pense qu'il en a, au bas mot, pour 2 à 3 ans de thérapie intensive pour se remettre. Ce programme est intense et requiert une stabilité psychologique à toute épreuve. Il arrive parfois que certains n'y résistent pas...


Merci Julien, tu m'as fait mourir de rire avec ton message !


Merci chers lecteurs pour votre soutien pendant toutes ces semaines, vos encouragements et votre fidélité.


A bientôt pour d'autres aventures...


Prochaine étape : La Nouvelle Orléans en mai 2011...


Christine

Samedi 9 octobre 2010

Nous sommes à l'aéroport avec Debi et Jack. Marie et Nicolas vont prendre possession de leur véhicule de location tandis que Julien et moi allons faire enregistrer nos bagages.

Au moment de nous séparer, les larmes ruissellent sur les joues de marie entraînant de facto sur les miennes les grandes eaux... Emotion...

Debi accompagne nos inséparables et Jack nous emboite le pas jusqu'à l'entrée en salle d'embarquement.

Un long voyage commence pour Julien et moi. Première destination : Chicago. Nous avons 50 minutes pour changer de hall et d'avion, ce qui nous paraît impossible mais pas infaisable. Arrivés à destination, nous nous ruons hors de l'avion, nous précipitons dans l'aérogare, sautons par dessus les obstacles, faisons crisser les roues de nos bagages de cabine, hurlons pour prévenir de notre passage... et nous retrouvons assis dans l'avion vers Paris 20 minutes plus tard !! Je lance ici un défi interplanétaire à quiconque voudra battre ce record digne du Guinness Book !

Et le Transatlantique prend son envol vers la capitale de l'hexagone qui me manque tant. Quelques heures et films plus tard, nous touchons le sol de Paris Charles de gaulle et déambulons tranquillement en direction de notre prochaine salle d'embarquement vers Strasbourg. cette fois-ci, nous avons presque 4 heures d'attente et nous lambinons.

Après moins d'une heure de vol, je vois par le hublot l'aéroport d'Entzheim : Waouhhhh. Nos familles nous y attendent au grand complet et nos bagages sont bien arrivés. Tout est bien dans le meilleur des Monde. Julien a encore plus de deux heures de route avant d'arriver chez lui à Besançon. Bon courage et à bientôt !

Christine

Vendredi 8 octobre 2010




Où en étais-je ?
Ah oui, la nuit mouvementée sur mon matelas à eau !! C'était au final plutôt confortable mais ça tangue !! Et pour s'extraire du lit, il faut une technique particulière qui consiste à créer une grosse vague, à se hisser à son sommet et à sauter au bon moment... Périlleux mais j'ai réussi ;-)

Le lendemain, nous avons rendez-vous à midi au club de Glenwood Hotsprings. L'accueil y est très chaleureux et nous effectuons notre présentation pour la dernière fois. Encore une fois, Action Man réalise un exploit technique en ressuscitant in extremis notre vidéo-projecteur qui est à deux doigts de rendre l'âme.
Le fanion du club est superbe : il est en cuir et représente la forme des cuissardes que les cow boys enfilent au dessus de leurs jeans. Ma collection commence à prendre de l'allure.

Le déjeuner terminé, nous partons en direction de Colorado Springs en passant par cols et montagnes de plus en plus enneigées. Les températures s'effondrent et nous essuyons deux tempêtes de neige avant d'arriver dans une bourgade à l'entrée du très médiatisé "South Park". Nous nous y arrêtons pour boire un chocolat chaud, acheter quelques T-shirts et porte-clés à l'effigie du célèbre dessins animés et changer de véhicule.

Nous arrivons enfin à Colorado Springs après presque 4 heures de voyage et nous rendons chez Leslie May qui avait hébergé Nicolas au début de notre séjour. Nos amis de la première heure nous y attendent et nous tombons dans les bras les uns des autres. Leslie a imprimé quelques photos figurant sur notre blog et les a affichées dans sa cuisine. Dans le salon trône une énorme gâteau d'anniversaire pour Nicolas avec inscriptions en français s'il vous plait ! On s'entend à peine au milieu de toute cette effervescence.

La soirée terminée, nous sommes transportés vers notre hôtel pour la dernière nuit avant notre départ. Debi viendra nous chercher demain matin à 11H et nous accompagnera à l'aéroport... Nous sommes partagés entre l'envie de rentrer (ou de partir vers l'ouest pour Nicolas et Marie) et la tristesse de quitter nos fidèles amis. Nous nous reverrons ici ou ailleurs et en tous cas sur Face Book ;-)

Et qu'en est-il de la Love Story entre Nicolas et Marie ? Vous avez été nombreux à me réclamer la suite... à me demander si réellement ils allaient se marier à Las Vegas...

Chers amis lecteurs, vous êtes bien curieux mais comme je vous comprends. Qu'y a t-il de plus enthousiasmant à lire que les histoires d'amour ? En ce qui concerne celle-ci, je suis bien marrie car je ne sais au final si Marie se marie... Je crains d'avoir sérieusement extrapolé à partir de quelques piètres indices et je soupçonne les deux lascars observés de m'avoir en bâteau menée !

En conclusion, ces deux-là étaient amis depuis de longues années et une belle complicité les unit. Quant à l'amour avec un grand A... qui vivra verra... !

Christine

vendredi 8 octobre 2010

Jeudi 7 octobre 2010




7h00 - Club d'Aspen.

Nous avons revêtu une tenue spéciale pour l'occasion. Il s'agit d'un T-shirt à l'effigie de l'"Aspen State Teachers College", université imaginaire créée en 1975 par une bande de joyeux drilles soucieux d'attirer de nouvelles filles en ville ! La supercherie aurait fonctionné pendant une dizaine d'années! Ainsi, bon nombre de pseudo étudiants vinrent s'amuser à Aspen aux frais de leurs parents persuadés, faux papiers à l'appui, de financer les hautes études de leurs rejetons... Nous avons rencontré un rotarien qui était ami avec l'un des fondateurs de cette "Université". En souvenir du "bon vieux temps", chaque touriste peut acheter les fameux T-shirts et cartes de scolarité au Musée Historique de la ville. Far West... Far West... Tous les coups sont permis ! Il suffit de ne pas se faire prendre... ou pendre !

Et c'est ainsi costumés que nous effectuons notre présentation sous les regards amusés des membres de cette citée très huppée. Il s'agit d'un jour spécial car Nicolas a 27 ans aujourd'hui ! Pour marquer le coup, Julien décide de trafiquer le Power Point et d'y ajouter une diapositive humoristique à l'insu de Nicolas qui s'arrête médusé en plein speech avant d'éclater de rire comme nous tous. Et nous voilà partis pour chanter tous en coeur "Happy birthday to you Nico". Encore un excellent moment suivi de séparations toujours aussi pénibles dûment accompagnées de promesses de "come-back".

Marie et Nicolas ont particulièrement envie de revenir à Aspen pour y passer une saison peut-être en tant que bénévoles à Snowmass pour l'Association "Challenge Aspen Adaptative Equipment"...


Je vous précise que Nicolas et Marie prolongent leur séjour aux USA et vont partir ensemble pour Los Angeles, San Francisco et Las Vegas...


Peut-être en déduirez-vous comme moi que ces deux-là nous dissimulent quelque chose... Mon enquête est en cours ... Autre élément de preuve à apporter au "dossier" : Hier, Nicolas s'est tout à coup exclamé dans la voiture : "Et dire que je me marie dans 5 jours !"... Il se marie dans 5 jours... alors qu'à cette date là il sera à Las Vegas en compagnie de Marie... Il se marie avec Marie... Bon, ne tirons pas de conclusions hâtives !  Je guette le flagrant délit mais ces deux-là sont très malins et s'il se passe quelque chose, ils le cachent bien...


Revenons à notre périple qui se poursuit par une nouvelle et très brève étape : Glenwood Springs. Nous y sommes reçus en fanfare autour d'un lunch au domicile de l'un de nos nouveaux hôtes. Ceux qui le souhaitent pourront se relaxer tout l'après-midi dans les sources d'eau chaudes et les spas de la citée. Prochain rendez-vous demain midi pour notre dernière présentation au club de cette ville avant de boucler la boucle par un retour sur Colorado Springs.


En ce qui me concerne, ce sera une soirée tranquille en famille !
Quant à ma nuit, j'avoue avoir quelques inquiétudes au vu du matelas à eau qui m'attend et que je contourne depuis des heures sans oser m'y poser. J'ai pour l'instant opté pour le rocking chair super confortable qui trône dans ma nouvelle chambre en attendant de faire le grand saut... dans l'eau ! Je sens que je vais avoir le mal de mer en pleine montagne !


La suite au prochain épisode...


Christine 



jeudi 7 octobre 2010

Mercredi 6 octobre 2010



7h00... Nous arrivons au Viceroy, superbe Hôtel ouvert depuis 6 mois dans lequel se retrouvent les membres du Rotary Club de Snowmass. Marie, Julien et Nicolas sont déjà en place lorsque j'arrive. Ils sont parfaits jusqu'au bout et j'apprécie leur régularité. Lorsqu'ils m'aperçoivent, ils viennent m'accueillir et me taquinent au sujet de ma mine... de rien ! Marie me fait un petit massage d'épaule tandis que les garçons  vérifie les détails techniques.

Tout se passe à merveille comme à l'accoutumée dans la joie et la bonne humeur et nous faisons durer le plaisir pendant 35 minutes. Concert d'applaudissements, dernières questions, accolades et embrassades... Et nous partons visiter la station.

Snowmass est l'un des 4 domaines skiables de la région d'Aspen au même titre que Buttermilk, Aspen Highlands et Aspen Montain. Avec ses 237 kms de pistes, Snowmass est la 2nde station de ski des USA après Vail (également située dans le Colorado). Les infrastructures sont toutes récentes et le village charmant. Nous sommes ici à 2500 mètres d'altitude et à 3813 mètres au sommet des pistes.
Encore un chiffre : les remontées mécaniques peuvent charger 33058 skieurs par heure... Difficile d'imaginer une foule de skieurs alors que nous déambulons dans cette station totalement déserte.

Le site est tentant pour ceux qui pratiquent les sports d'hiver, cela dit, je ne peux m'empêcher de penser qu'en France nos stations n'ont rien à envier à celle-ci. Personnellement je ne traverserai pas l'Atlantique pour y venir skier. Vous me passerez cette pointe de chauvinisme mais à 3 jours du "come back home", cela me paraît être une réaction normale.

Au sein de la station nous découvrons une association à but non lucratif : "Challenge Aspen Adaptative Equipment"qui met à disposition des personnes handicapées un lot impressionnant de matériels adaptés couvrant plus de 140 handicaps différents. Une équipe de bénévoles accompagne tous ceux qui le souhaitent sur les pistes. La devise est simple : "Disability" devient "ability" lorsque qu'on enlève les 3 premières lettres. Tout est possible !!

Nous poursuivons par un lunch dans une espèce de gargote absolument typique et y dégustons la spécialité locale : le pain de viande. Fort bon, il faut le reconnaître. Les murs sont tapissés de photos et affiches. les plafonds sont recouverts d'aluminium et ornés, si on peut dire, de guirlandes lumineuses au goût douteux. Le tout est d'un kitch absolu et pourtant nous y passons un moment de franche rigolade tandis que je tente d'expliquer en anglais les moeurs françaises à la Cour de Louis XIV... Totalement décalé ! Nos amis américains rient à gorges déployées ! Julien, je t'interdis de faire circuler le film que tu as pris en douce tandis que je m'essayais à la profession d'historienne !

L'après-midi, les jeunes partent escalader la face nord de... bon, enfin, ils vont faire une petite randonnée tranquille tandis que je rentre me reposer pour être à nouveau opérationnelle pour le dîner qui a lieu au "Rustique", restaurant d'inspiration française tenu par Rob Ittner, notre coordinateur rotarien à Aspen.

Nous descendons dans le caveau et apprécions la décoration sobre et élégante des lieux. Le menu proposé est alléchant et je choisis les cuisses de grenouilles suivies d'un riz de veau. Essai transformé pour Rob qui attendait, légèrement inquiet, nos appréciations.

Nous terminons par une soirée reggae dans une boite bondée (comme je ne les aime pas...). Marie, Julien et Nicolas ont l'air d'apprécier et c'est rassurée que je m'éclipse sur la pointe des pieds car demain matin... lever à 5h00 pour être à 7h00 au club d'Aspen.

Bonne nuit.
Christine

mercredi 6 octobre 2010

Mardi 5 octobre 2010

Le séjour touche à sa fin et nos hôtes d'Aspen ont bien compris que nous avons besoin de reprendre notre souffle aussi nous ont-ils concocté un programme "allégé".

Nous commençons la matinée par une heure de conversation décontractée autour d'un café avec ceux qui ont pu se libérer. Ensuite nous partons visiter la clinique orthopédique privée de Mark Purnell qui est rotarien et héberge Julien. Nous avions déjà rencontré Mark à l'hôpital où il opère régulièrement. Julien a d'ailleurs eu le privilège d'assister très tôt ce matin à une chirurgie du genou.

Cette visite nous conforte dans la pensée que tout skieur accidenté sera parfaitement pris en charge à Aspen !

Nous profitons d'un petit moment libre avant le déjeuner pour faire du shopping dans cette ravissante bourgade. Marie trouve un superbe bikini qu'elle testera dès cet après-midi au Centre de Loisirs. Julien part chercher des timbres car, en jeune homme prévoyant qu'il est, il a bien évidemment son maillot de bain sur lui et ceci malgré son départ très matinal. Nicolas, quant à lui, décide de rentrer à pieds chez ses hôtes pour y prendre un vélo et également un maillot de bain. Il a clairement l'intention de faire du sport pour entretenir sa forme physique.

Après un déjeuner frugal (une fois n'est pas coutume !), l'équipe part visiter le Centre de Loisirs tandis que je pars en quête de quelques cadeaux originaux pour ma famille.

La soirée est consacrée à un dîner en famille. Je suis hébergée par Susan O'Neil, rotarienne membre du club de Washington DC où elle a résidé pendant 20 ans.

Susan qui n'a pas de famille a invité quelques voisines toutes veuves ou divorcées âgées de 58 à 85 ans.  La fille de l'une d'entre elle, Karyn, nous rejoint au cours de l'apéritif. Elle parle couramment français ce qui me permet de reposer mes neurones.

Cette soirée "entre nanas" est très divertissante. Les convives y abordent les sujets les plus divers. Ainsi, en l'espace de 3 heures, nous parlons du coût exorbitant des coiffeurs (150 $ pour une couleur et une coupe et vous sortez la tête mouillée pour éviter que le brushing explose votre budget !), de la meilleure façon d'utiliser la télécommande de son téléviseur, des feuilletons télévisés, de cristaux magnétiques, de réunions sextoys, de divorce et de rencontres (petite citation : "Men are looking for a nurse or for a purse"), de gigolos, de bridge, de voyages et de politique...

Ces conversations sont régulièrement interrompues par Susan qui connait tous les trucs, astuces et gadgets pour se maintenir en bonne santé. Ses conseils sont écoutés avec respect et sérieux par toutes même si j'ai du mal à me contenir lorsqu'elle explique à Selma, 85 ans, qu'elle n'a qu'à éplucher un oignon dans sa baignoire pour réussir à pleurer enfin son défunt mari...

Toujours est-il qu'en fin de soirée, deux des invitées sortent leurs porte-monnaie pour acheter à Susan des inhalateurs de sel de l'Himalaya. J'avoue ne pas avoir bien compris s'il s'agissait d'une réunion genre "tuperware" ou si c'était vraiment un dîner sans objectif... Mais avez-vous déjà vu un américain sans objectif ?? En tous cas, la stratégie marketing de Susan est au point ! Du coup, j'ai décliné son offre de café miraculeux qui fait maigrir en 3 jours à 140 $ la cure ;-) Ma crédulité a ses limites.

Demain nous avons RV à 7h00 au "Snowmass Club" pour y faire notre présentation. Lever à 5h00 pour moi... Je vous laisse pour ce soir !

Christine

mardi 5 octobre 2010

Lundi 4 octobre 2010








Aspen ! Ici on dit que quelque soit l'endroit où vous vous trouvez sur la planète, tout le monde sait où se trouve Aspen. Il est vrai que cette station de ski bénéficie d'une grande notoriété. 
Le nom de cette ville vient de l'abondance des trembles (en anglais "aspen trees") dans la région. Cette bourgade fut, dans un premier temps, un centre d'exploitation des mines d'argent d'où fut extrait au XIXème siècle un bloc d'argent de 2 tonnes ! Par la suite, la roue de la bonne fortune tourna avec la fermeture des mines d'argent et les habitants désertèrent la ville : On comptait 705 résidents en 1930. 
Le site fut repéré quelques années plus tard par l'armée américaine du fait de ses pentes exceptionnelles. Les soldats y furent envoyés pour s'y entraîner et petit à petit, la ville devint une station de ski recherchée. Les investisseurs revinrent et l'argent coula à nouveau à flots ininterrompu jusqu'à ce jour. A titre d'information, si vous souhaitez louer un minuscule studio pour 1 mois en ville, il vous en coutera 1200 $... et tous les tarifs ici sont à l'avenant !
Nous commençons nos visites par la découverte du petit hôpital de cette communauté. Il est en pleine rénovation et agrandissement et nous paraît sur-équipé pour une bourgade d'environ 6000 habitants mais n'oublions pas qu'au cours de la saison d'hiver la ville héberge jusqu'à 40 000 personnes et que les accidents de ski sont nombreux. Entre autres particularité, nous apprenons qu'une équipe de chiens bénévoles (oui, ça paraît curieux mais leurs photos trônent fièrement dans le hall d'accueil avec la mention "chiens bénévoles"... Rares sont les actes gratuits à Aspen...) intervient régulièrement après des malades gravement atteints. Il s'agit d'une sorte de "thérapie canine" qui a fait ses preuves.
L'après-midi est consacrée à une visite historique guidée de la citée. Et nous voilà partis en voiture électrique conduite par une guide passionnée vêtue d'une robe et d'un couvre-chef victoriens. 
En soirée, nous dînons dans un restaurant typique avec nos hôtes rotariens lesquels, comme à chaque fois, se plient en quatre pour nous satisfaire.
A demain !
Christine

samedi 2 octobre 2010

Vendredi 1er et samedi 2 octobre 2010



Après un passage éclair à Montrose, nous partons pour vivre l’évènement du séjour : La Conférence du District 5470.
Ce grand rassemblement a lieu à Mt Princeton Hot Springs qui se trouve au milieu du secteur couvert par le District 5470. Nous arrivons dans un grand complexe hôtelier situé au coeur de cette nature sauvage et majestueuse dont nous ne pouvons nous lasser. 
C’est l’occasion de retrouver nos amis rotariens rencontrés à Colorado Springs, Pueblo, Durango et Grand Junction. C’est également le lieu où nous faisons connaissance des membres des clubs que nous n’avons pas pu visiter. Comme d’habitude, nous apportons la touche d’exotisme qui attire tant nos hôtes.
La Conférence se déroule sur pratiquement trois jours alors qu’en France nous y consacrons une journée.


Que fait-on pendant une Conférence de District ?
Pour répondre à cette question, je vais reprendre les propos du Gouverneur de ce District, Steve Berg :
«Nous passons tous des heures pendant l’année à mettre en oeuvre de sérieuses actions rotariennes.
Maintenant, à la Conférence de District, c’est le moment de nous amuser avec le Rotary car souvenons-nous que le Rotary est plaisir !
Relaxez-vous au sein de la beauté paisible de Mont Princeton Hot Springs, site cerné de montagnes de plus de 4000 mètres d’altitude.
Soyez inspirés par nos incroyables conférenciers.
Soyez enthousiastes et apprenez-en davantage au sujet des nombreuses facettes du Rotary.
Appréciez la camaraderie en prenant le temps de découvrir de nouveaux amis rotariens de notre District.
Conservez à l’esprit que le Rotary est avant tout une aventure humaine et faites de cette Conférence la meilleure de toutes»
Les garçons sont hébergés dans le chalet privé d’un rotarien situé à 1 km du Centre de Conférence. Quant à Marie et moi, nous sommes, grâce à l’intervention de notre «protecteur» Jack Thomas, le responsable des équipes EGE étrangères, logées dans un superbe chalet en face des piscines et sources d’eau chaudes naturelles.
Ce matin (samedi), nous avons fait notre grand show à la française devant un public conquis, j’ose l’écrire. Après la présentation, les uns et les autres faisaient la file devant nous pour pouvoir nous parler. J’avais l’impression d’être une mariée au moment des félicitations d’usage.
L’épreuve du feu étant passée, nous pouvons maintenant nous détendre et profiter pleinement de cette journée avec nos nouveaux amis. 
Après cette trêve, nous poursuivrons notre circuit dès demain avec pour prochaine étape la fameuse station de ski : Aspen.
Christine.

vendredi 1 octobre 2010

Jeudi 30 septembre 2010





Et si je vous disais que nous sommes partis ce matin... à 7h00 !! Et oui, jamais 2 sans 3 ! J'avoue qu'aujourd'hui j'ai les batteries à plat et vu la petite mine de mes protégés, je ne suis pas la seule dans ce cas.
Nous rassemblons tout notre courage pour paraître au mieux de notre forme vis à vis des membres du club "Horizon Sunrise" qui nous a pris en charge à Grand Jonction. C'est le moment de sortir tambours et trompettes pour une nouvelle présentation officielle. Nous déroulons notre "script" que nous maîtrisons parfaitement jusqu'à ce que, tout à coup, le vidéo-projecteur nous lâche. Je lance quelques plaisanteries à la ronde en proposant un entracte avec glaces ou chocolats comme le faisaient les ouvreuses au cinéma dans mes souvenirs de petite fille tandis que Julien et Nicolas, toujours aussi réactifs et efficaces se précipitent sur la machine récalcitrante afin de rétablir la situation. Les minutes passent et Linda prend la relève en expliquant à l'assemblée le détail des visites qu'elle nous a organisées sur la ville. Au moment où elle commence à avoir sérieusement fait le tour de la question, "Action Man" épaulé de "The Brain" accomplissent un nouveau miracle technique ! Merci les garçons ! Vous êtes irremplaçables ! 
Et je reprends tranquillement la présentation avant de passer la parole à mon équipe de chic et de choc !


Oh ! Vous ai-je expliqué que j'ai attribué un surnom à chacun des membres de l'équipe ? Je ne crois pas. Commençons par Julien : Son pragmatisme à toute épreuve et sa capacité à agir rapidement lui ont valu le surnom de "Action Man". Nicolas, quant à lui, réfléchit sur tout et pour tout et opte généralement pour le principe de précaution, ce qui lui vaut le surnom de "The Brain" c'est à dire Le Cerveau. Marie est une jeune fille souriante, toujours de bonne humeur et pétillante comme le Champagne et c'est pour cette raison qu'elle est notre "Bubble Girl". En ce qui me concerne, les recherches de surnom sont en cours... Je pense que Action Man, The Brain et Bubble Girl n'osent pas m'affubler d'un sobriquet. Serait-ce une marque de respect ? J'ai bien envie de l'interpréter comme telle...
Revenons à notre journée : Aux alentours de 9h00, nous repartons chez Linda car il est temps pour Marie et moi-même de plier bagages. Notre chambre ressemble à un champ de bataille et je peux vous dire qu'il ne s'agit pas d'une bataille rangée !! Nous éclatons de rire devant la tête ahurie de Julien (qui est bien entendu déjà prêt) lorsqu'il découvre l'ampleur des dégâts et fermons notre porte, bien décidées à activer nos baguettes magiques. Et hop ! En deux temps trois mouvements, l'affaire était réglée. Enfin, chacun a sa propre notion du "2 temps 3 mouvements", n'est-ce pas ? L'important c'est le résultat !
Nous faisons nos adieux à Linda. Encore une fois nous trouvons que ces moments sont lourds émotionnellement. Buzz, le mari de Linda, nous accompagnera jusqu'à notre prochaine étape d'une nuit : Montrose que nous rejoindrons en environ 1h30.
Nous arrivons et sommes pris en charge par une nouvelle équipe fort sympathique comme à l'accoutumée. Les bagages changent de coffres et nous voilà embarqués pour visiter le Black Canyon avec notre facétieux guide pour la journée, Tom Baird, un rotarien de plus de 80 ans aussi frais qu'un gardon !
Le Black Canyon est un Parc National de 122 kms carrés qui comprend 19 kms des 77 kms du canyon de la rivière Gunnison. Ce canyon est particulièrement profond et spectaculaire. Il est nommé "Canyon Noir" car ses parois sont en schiste volcanique noir et il y fait très sombre lorsqu'il se situe à l'ombre.
Tom nous a prévu un lunch au fond du canyon, en bordure de la rivière. Confortablement installés, nous découvrons au fond de son petit panier... des galettes mexicaines fourrées au boeuf ou au poulet. Un "Ranger" nous accompagne pour répondre à nos questions et nous faire découvrir les lieux. Il se nomme Kevin et parle le français avec un accent africain très surprenant. Il nous explique qu'il a appris notre langue alors qu'il travaillait dans un parc en Afrique. Il est fort sympathique et ne s'offusque pas de nos sourires amusés à chaque fois qu'il ouvre la bouche.
Après 3 heures de promenade dans le canyon, la beauté des lieux ne suffit plus à me faire oublier que je suis arasée de fatigue. Je finis par me réfugier dans la voiture pour une sieste devenue incontournable tandis que Julien, Marie et Nicolas poursuivent courageusement la visite qui, au total, durera plus de 5 heures.
Tom nous ramène vers la ville pour boire une bière en attendant que l'ensemble des familles d'accueil soient au rendez-vous et nous poursuivons par un dîner au restaurant. Mon accent est devenu épouvantable et mes phrases sont émaillées de mots français et même allemands, le tout formant une salade ressemblant fort à celle de mon voisin de table. Il est vraiment temps pour moi d'aller me coucher non sans avoir écrit auparavant le récit de la journée. 
C'est avec plaisir que je mets un "point" au terme de cette dernière phrase. A demain !
Christine

jeudi 30 septembre 2010

Mercredi 29 septembre 2010





Encore un départ aux aurores... à 7h00 ! Dur dur !

Aujourd’hui j’ai un programme spécial : Je vais passer la journée en classe de français au lycée de Grand Jonction avec des élèves âgés de 14 à 18 ans et leur professeur Madame Cronk.
Vous vous souvenez certainement que j’ai déjà fait cette expérience à Colorado Springs et j’ai demandé à la réitérer. J’aime énormément le contact avec les adolescents américains. Ils sont très ouverts et curieux.
La classe commence par une prière devant le drapeau américain, la main sur le coeur. Les américains sont très patriotes et j’en ai encore une fois la démonstration. Suivent quelques annonces que nous entendons grâce aux hauts parleurs dont les classes sont équipées. Je souris en pensant au film «Grease» avec John Travolta et Olivia Newton-John pour ceux de ma génération... En fait, dès l’instant où j’ai posé les pieds dans ce lycée, je me suis sentie projetée dans ce film. Il y a la même effervescence dans les couloirs bordés de casiers, les mêmes rires, la même drague... Et je me promène là comme si j’étais invisible avec cette sensation étrange d’être un extra-terrestre débarqué sur une autre planète. 30 ans ont passé et rien n’a changé au fond hormis le fait que les jeunes sont aujourd’hui tous équipés de portables, qu’ils surfent sur le web, qu’ils sont «accro» à skype et facebook... Je les regarde amusée et attendrie et certains me jettent des coups d’oeil intrigués qui me donnent à penser que je ne me fonds pas autant dans le décor que je le pense. Je pourrais passer pour l’un de leur professeur mais visiblement je suis repérée différemment et je me demande : «Est-ce que ça se voit tant que ça que je suis française ?». 
Madame Cronk me présente brièvement à ses élèves et me donne la possibilité d’animer la classe. Très rapidement je vois apparaître une forêt de doigts levés et les questions fusent : Qu’est-ce que vous mangez en France ? Qu’est-ce que vous aimez en Amérique ? Qu’est-ce que vous détestez ici ? A quel âge peut-on boire de l’alcool et conduire ? (Heu pas les 2 en même temps j’espère !), Combien coûte le permis de conduire ? Est-ce qu’on peut se tenir la main ou s’embrasser dans la rue en France ? Est-ce que les homosexuels peuvent se marier ? Peut-on aborder les gens qu’on ne connait pas dans la rue ou leur sourire ? Peut-on entretenir des relations purement amicales entre garçons et filles ? Est-ce vrai que vous prenez des pauses de 2 heures pour déjeuner ? Quels sports pratiquez-vous ?
Les heures passent et les cours se succèdent à toute allure. Lorsque la sonnerie retentit, les élèves se lèvent tous instantanément pour courir rejoindre la classe suivante. Certains viennent me voir pour me remercier et échanger encore quelques impressions.
Je trouve qu’en règle générale ils affichent une plus grande confiance en eux que la plupart des adolescents français. Ils aiment valoriser leurs interlocuteurs. Mme Cronk a sur son bureau plusieurs petits billets manuscrits remis par des élèves sur lesquels on peut lire combien ils l’aiment. Ils sont à la fois ouverts et très respectueux vis à vis de leur professeur. 
J’ai remarqué également que les américains s’orientent facilement vers la recherche de solutions. Lorsque vous demandez quelque chose, ils essayent toujours de vous donner satisfaction. Je ne crois pas avoir entendu «non» une seule fois. Ils donnent l’impression que tout est possible. Ils affichent moins «d’états d’âme» que nous autres français, sont beaucoup moins dans la complainte. Ils font des choix rapides (c’est oui ou non). Ils sont à l’heure à la minute près(par exemple certains cours commencent à 13H23 !). Ils commencent à travailler plus tôt que nous. Ainsi les étudiants commencent à 7H45 et les adultes peuvent commencer leurs journées avant 7H00. Mes familles d’accueil vont se coucher vers 21H00. 
Je termine les cours à 14H45. L’après-midi sera consacrée au shopping avec toute l’équipe dans ces énormes grandes surfaces que nous avons envie de découvrir tels des enfants dans des magasins de bonbons !
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Christine